Fusion VHA/LHB : interview des 3 présidents

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Nous vous proposons aujourd’hui une interview de Tony Breysse, président de Villeurbanne Lyon Métropole SAS, de Patrick Singla, président du Villeurbanne Handball et de Matthieu Boucheron, président du Lyon Handball. Nous les avons interrogés tous les trois au sujet du projet de fusion entre le Villeurbanne Handball et le Lyon Handball, qui sera présenté en assemblée générale le 6 juin prochain.

1) Comment allez-vous après cette longue période de confinement ?

TB : Je vais bien, après une période compliquée en début de confinement, car j’ai été malade, mais je suis désormais en pleine forme.

Mes journées sont bien remplies entre le travail d’un côté, la gestion du club avec les différents projets et la famille de l’autre.

J’ai une pensée pour nos licenciés : j’espère que tout le monde se porte bien et que personne n’a de soucis de santé. 

MB : La santé est là et c’est le plus important. Le début du confinement a été compliqué pour trouver ses marques, comme pour tout le monde je pense, surtout avec mon petit garçon qui venait de fêter ses 7 mois. Maintenant le rythme est là pour jongler entre le travail, le handball et la vie de famille. Mais j’avoue que les gymnases, le handball et discuter avec nos jeunes me manquent énormément. J’espère que tout le monde se porte toujours bien aujourd’hui et que nous pourrons très vite nous revoir.

PS : J’ai la santé ainsi que toute ma famille. Pendant le confinement le plus difficile, c’est de ne pas rencontrer ses enfants, petit-enfant et ses proches. Etant au chômage partiel, j’ai donné le maximum de mon temps au handball pour faire avancer les projets en cours.

Bien sûr, il me manque le terrain et le fait de rencontrer nos licenciés pour dialoguer avec eux. J’espère que vous allez tous bien, ainsi que votre famille.

Tony BREYSSE, Président de VLM SAS

Patrick SINGLA, Président du VHA

Matthieu BOUCHERON, Président du LHB

2) Quelles informations pouvez-vous donner concernant la reprise des activités au sein des deux clubs ?

TB : Cela reste encore flou : nous attendons des éléments concrets de la part de la FFHB. Les informations ne devraient pas tarder à arriver, mais différents scénarios sont étudiés avec une reprise en septembre, voire en février 2021. 

MB : Aujourd’hui, c’est effectivement le brouillard complet. Nous savons que la FFHB travaille sur plusieurs scénarios afin de nous permettre à tous une reprise la plus rapide et sans risque. Nous avons tous à coeur de reprendre et attendons avec impatience que la date et les modalités soient dévoilées. Dès que les mesures sanitaires seront définies, nous souhaitons organiser au plus vite des retrouvailles tous ensemble ou collectif par collectif pour raviver nos liens.

PS : A ce jour, nous ne pouvons pas aller dans les gymnases, mais chacun peut faire du sport en extérieur en respectant les règles sanitaires (si course distance de 10m entre les personnes). La FFHB espère une reprise de l’activité début septembre et les championnats au mois d’octobre, mais elle a aussi prévu d’autres scénarios. Nous devons attendre le discours de notre Premier ministre le 2 juin pour savoir ce que nous pourrons adapter pour notre sport. Dès que la FFHB nous aura transmis comment reprendre le handball dans des lieux fermés tout en respectant les règles sanitaires, nous reviendrons vers vous pour vous informer des modalités de reprise.

3) Revenons au projet de fusion entre le Villeurbanne Handball et le Lyon Handball. Pourriez-vous nous rappeler les objectifs poursuivis et la stratégie dans laquelle il s’inscrit ? Que permettra-t-il sur le plan territorial et de la formation, ainsi qu'en termes de développement ?

TB : Nous avons depuis quelque temps lancé différents projets qui permettent d’avoir un rayonnement métropolitain et national. 

Pour ce qui est de la fusion, c’est un projet qui mûrit depuis quelques années avec Matthieu Boucheron, président du Lyon Handball. Il était temps de le mettre en oeuvre. 

Ce projet s’inscrit dans une stratégie globale qui permettra de : 

  • s’inscrire dans le paysage métropolitain en tant que club professionnel et formateur de talents ;
  • s’inscrire dans le paysage national comme place forte du handball ;
  • structurer une formation métropolitaine sur le haut niveau qui sera un axe très fort, mais sans oublier l’aspect amateur. Le parcours de formation sera un vecteur important de ce projet. Nous visons l’excellence, mais nous souhaitons également répondre à une offre large incluant des jeunes licenciés qui souhaitent s’épanouir. 
  • créer une identité commune rassemblant l’ensemble des collectivités et territoires. 

Le fait de rassembler permet d’être plus fort et nous souhaitons collectivement atteindre l’ensemble de ces objectifs pour le bien du handball lyonnais.

MB : Ce projet est avant tout un projet pour la formation. Nos deux clubs sont attachés à voir grandir et s’épanouir leurs jeunes grâce au handball. Côté Lyon Handball, la formation du jeune joueur est ancrée dans notre ADN et est le pilier de notre projet de club actuel. Beaucoup de nos jeunes mutent chaque année pour le VHA afin de pouvoir atteindre le haut niveau et nous en sommes fiers.

En nous associant, on facilite les passerelles entre les différents niveaux de jeu. Car c’est aussi ça la formation, permettre à chacun d’évoluer à son niveau de jeu sans avoir à changer de club. On ne cherche pas à faire de la “championnite”, mais permettre à chacun d’apprendre et de s’épanouir avec le handball. Certes, le côté professionnel et de haut niveau est en vitrine de cette fusion, mais le fer de lance est bien le côté associatif et humain. On souhaite fédérer nos territoires autour du handball et devenir une grande famille.

Mais il n’y a pas que le jeu dans la formation, l’arbitrage et la montée en compétences de nos encadrants et entraîneurs est un élément fort de ce projet. Côté arbitrage, une amélioration de l’école sera mise en oeuvre grâce à notre superbe trio (Nicolaï Pannetier, Jonathan Vaujany et Victor Conquet) avec une volonté de faire grandir les gones dans cette structure.

Pour les encadrants, l’inscription en formations fédérales et la professionnalisation de ces derniers est une nécessité. Avec des encadrants formés et/ou salariés, on assure notre formation et la continuité du parcours des gones, mais aussi on rassure les parents et on affiche une meilleure lisibilité du futur.

PS : En joignant nos forces, nous voulons développer le handball dans le milieu scolaire pour qu’il puisse retrouver toute sa place. En premier lieu, nous allons mettre en place une stratégie pour couvrir l’ensemble des écoles primaires sur le périscolaire et prévoir avec l’USEP un tournoi des écoles sur la fin d’année. En deuxième lieu, il s’agit de développer les sections sportives en collèges et en lycées pour donner la possibilité à nos licencié(e)s d’avoir des entraînements et des compétitions UNSS permettant d’améliorer leur performance handballistique. Un autre axe est de mettre en place une filière féminine jeune comme chez les garçons pour amener nos licenciées vers le plus haut niveau pour lequel nous sommes partenaires avec les clubs de Bron et de l’ASUL Vaulx-en-Velin.

Nous devons être inventifs sur des événements dans le club en organisant des tournois pour tous nos licencié(e)s et parents, mais aussi des tournois regroupant des clubs des autres régions. Le club pourra présenter sa candidature pour réaliser des événements professionnels sur notre territoire métropolitain comme le Final 4 de Proligue, les finales de Coupe de France ou la Golden League en partenariat avec les instances FFHB, Ligue AURA, Comité et nos partenaires institutionnels.

4) Quelles conséquences concrètes aura ce projet pour les licenciés de chacun des deux clubs ?

MB : Je ne sais pas si le terme de “conséquences” est vraiment approprié. Je dirais plutôt qu’est ce que gagne le licencié (rires) ? Cette fusion lui assure une visibilité de la poursuite de son activité, une continuité de la formation, une amélioration à terme de sa pratique. Le licencié pourra aussi assister à du handball de très haut niveau dans sa ville : il n’aura pas à se déplacer à Chambéry, Montpellier ou dans une moindre mesure à Dijon pour voir ailleurs que sur BeIn des matchs de LNH ou Proligue. On souhaite vraiment que Villeurbanne, Lyon et la métropole soient reconnus comme une place forte du handball et pouvoir attirer des événements nationaux (Coupe de france, Final 4 de Proligue…)  et internationaux (Golden League, matchs de l’Équipe  de France…) sur le territoire dans nos salles ou dans les équipements de la Métropole (Palais des Sports de Gerland, future Aréna de l’OL, Astroballe…).

PS : Le projet doit assurer à tous les licencié(e)s de trouver leur place dans le club, en pratiquant le handball selon son niveau de jeu. Bien sûr la première année, il faudra tous trouver nos marques, tisser du lien avec tout le monde, aller s’entraîner dans les gymnases de Lyon ou de Villeurbanne, avoir d’autres partenaires, changer nos habitudes. Ce projet doit nous permettre de s’ancrer dans notre territoire devenu encore plus grand, d’être une force et aller défendre des projets de développement devant les institutions et les instances. Tous les licencié(e)s seront des acteurs privilégiés pour la réussite de ce projet : sans l’investissement de tous nous ne pourrions pas le réaliser.

5) Administrativement, quelles sont les différentes étapes d'une fusion ?

TB : Plusieurs étapes sont nécessaires à un tel projet, mais avant toute chose c’est une volonté et une vision commune du développement du handball sur notre territoire. Cette vision doit être partagée à l’ensemble de nos licenciés : c’est le travail qui a été effectué en plusieurs étapes. 

En ce qui concerne les étapes, il est d’abord nécessaire : 

  • que le CA de chaque club donne pouvoir à chaque président pour entamer la discussion autour d’un traité de fusion ; 
  • de rédiger et de valider le traité de fusion (qui regroupe l’ensemble des modalités de fusion) qui doit être signé par chaque CA et chaque président.

Ensuite, nous avons entamé un travail pour définir un projet global de fonctionnement pour le futur du club après fusion. 

Des commissions ont été créées au sein desquelles des représentants de chaque club ont été intégrés. J’ai souhaité une représentation paritaire au sein de chaque commission afin de trouver un équilibre et de faire émerger des idées différentes.

Les commissions ont rendu des rapports, qui ont été analysés et validés par un comité de pilotage. 

Une synthèse de ce projet sera présenté aux licenciés avant l’assemblée générale. 

Chaque club organisera une AG extraordinaire : l’un pour dissoudre l’association (le LHB), l’autre pour accepter la fusion (le VHA). Une troisième AG aura lieu ensuite pour ratifier le traité de fusion, modifier les statuts et ainsi parler du projet. 

Je suis ravi que chaque club ait participé activement, malgré la crise du Covid-19 (qui n’a pas rendu les choses faciles), sur ce projet.  J’ai senti un élan particulier et une volonté commune de réussir pour le handball métropolitain et pour adresser une offre globale à nos licenciés.

Gachet Christelle

Gachet Christelle

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