Retour sur l’entente -18 CF (M) avec nos deux anciens présidents

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Pour la saison 2020-2021, sept clubs* de la métropole lyonnaise ont décidé de se rassembler afin de créer pour la première fois une entente masculine moins de 18 Championnat de France à l’échelle du territoire. Nous avons souhaité revenir sur cette démarche inédite en réalisant une interview croisée des deux anciens présidents du Villeurbanne Handball, Serge Landry et Jean-Louis Diget.

* Bron, Caluire, Lyon Handball, Saint-Priest, Vaulx-en-Velin, Vénissieux, Villeurbanne

1) De quelle manière avez-vous vécu la période que nous venons de traverser depuis mi-mars ?

SL : J’ai vécu cette épreuve du Covid-19 comme l’ensemble des Français dans leur grande majorité, c’est-à-dire comme une guerre dans laquelle certains étaient au front et d’autres devaient se protéger en respectant les consignes strictes de confinement. J’ai essayé de communiquer par téléphone et par toutes les voies de communication que je maîtrise (je ne suis pas sur les réseaux sociaux par conviction). J’ai entretenu  quotidiennement des relations avec mes 2 fils, mes petits-enfants (3), avec mes parents (91 et 89 ans) et avec mes amis. La gestion du club m’a aussi beaucoup occupé et j’ai été en relation avec Patrick, Tony et Semir pour préparer les différents scénarios de reprise du handball.

J’ai aussi préparé, à titre personnel, l’organisation de ma vie future basée sur la gestion de mes affaires personnelles et sur mon investissement au club.

JLD : C’est vrai que le confinement faisait un peu peur au début. Mais finalement tout s’est très bien passé : un peu d’exercice à la maison, du tri, du rangement, de la lecture et bien sûr des échanges téléphoniques avec les amis du hand. En fait, rien d’original, si ce n’est que tous les soirs vers 18 heures, nous nous retrouvions dans la rue (en respectant les règles de distanciation) avec une quinzaine de voisins pour chanter “Bella Ciao”. Une petite récréation quotidienne très appréciée en prélude aux applaudissements de 20 heures en hommage aux soignants. 

A ce propos, je dois dire que j’ai été très intéressé et touché par les témoignages recueillis par Christelle sur le site du club.

2) Quel regard portez-vous sur la constitution de l’entente moins de 18 masculine sur le territoire de la Métropole de Lyon ?

SL : J’ai toujours pensé que la métropole de Lyon méritait un club de haut niveau de handball. J’ai essayé de multiples fois sans succès probablement parce je m’y suis mal pris. J’ai donc décidé à titre personnel de ne plus aller au front et me contenter d’accompagner. Jean-Louis Diget est un dirigeant historique du VHA et nous partageons beaucoup de choses et surtout des valeurs. Cela ne date pas d’hier car déjà, à la fin des années 80 nous avions évoqué ensemble cette possibilité avec les présidents Chavancy du VHC (ex-VHA) et Lewandowski (HB Vénissieux RA). 

Semir Zuzo a pris le relais et est en train de réussir le premier étage de la fusée. Je l’accompagne du mieux que je peux et il nous donne un nouvel élan. Semir a jeté les bases d’une entente large tout en regrettant que des clubs comme :

  • Saint-Genis-Laval absent de ce projet : les départs de Claudine Quintin et Philippe Borie de ce club, mes amis, sont une grande perte pour le handball métropolitain et pour ma ville (j’habite Saint-Genis-Laval).
  • Tassin-La-Demi-Lune en pleine restructuration et pour lequel j’ai une affection particulière pour ses dirigeants historiques : Claude Gros (mon ami aujourd’hui décédé) et François Joli.

JLD : Le Lyonnais est une terre de handball. La densité de clubs et de licenciés sur un territoire peu étendu permet de remarquer de jeunes joueurs à fort potentiel. Cela se concrétise assez tôt avec les résultats obtenus par la sélection du Rhône (U14), plusieurs fois Championne de France et probablement la meilleure sélection départementale française sur les dix dernières années. Que deviennent ces jeunes ? Éparpillés dans différents clubs du territoire, ils ne disputent pas tous le Championnat de France des U18. Et pour les autres peu de clubs sont en mesure de se qualifier de manière régulière pour la poule haute de ce championnat. C’est du gâchis. 

Comme aucune filière, aucune entité structurante de haut niveau n’existe sur le territoire, les jeunes potentiels quittent le Lyonnais et vont tenter leur chance dans les centres de formation des clubs de D1.

Donc, pour moi et en conclusion: adhésion totale et sans réserve au projet.

3) Quels sont selon vous les atouts et les effets bénéfiques de cette entente ?

SL : Les atouts sont incontestablement nombreux, car les clubs travaillent bien, mais individuellement il n’y aucune chance d’avoir une représentation nationale significative. Depuis le titre national des -18 CF de Vaulx-en-Velin et de son dirigeant historique Fabrice Ferreres, rien ne s’est passé, alors que nos sélections de comité, de ligue et du pôle Jean Perrin obtiennent régulièrement les meilleurs résultats. L’arrivée de Guillaume Joli au pôle Jean Perrin est un élément moteur du projet et la synergie entre  les clubs de l’entente, le pôle est un gage de possible réussite du projet.

Les effets bénéfiques seront de :

  • produire des joueurs de haut niveau capables de rester sur la métropole à condition que l’offre de pratique soit cohérente et à la mesure des ambitions de nos athlètes.  En effet, il est anormal que les grands clubs français fassent leur marché sur le territoire pour s’approprier le produit de notre formation sans contrepartie financière et plus encore en les labellisant comme joueurs issus de leur centre de formation !
  • établir des relations entre les clubs partenaires pour que les mouvements de joueurs soient validés en bonne intelligence.
  • installer un trading de joueurs où les clubs formateurs seront récompensés (à ce jour, les joueurs de talent issus de nos clubs se font accompagner d’agents sportifs qui monnaient leur médiation et récoltent le fruit de notre travail !

JLD : Le premier et principal atout est le nombre de jeunes joueurs à fort potentiel que les clubs du territoire révèlent. A partir de là, il faut “polir les diamants bruts” et leur proposer le meilleur niveau de compétition possible. C’est le rôle de cette équipe qui offre un cadre compétitif en écho au travail de formation réalisé souvent au pôle espoir, ou parfois en club.

Ensuite, et pour parler des effets bénéfiques, je pense qu’il faut voir plus loin que le Championnat de France des U18. Je crois que cette équipe est le premier maillon de la chaîne qui doit permettre aux jeunes de rester sur le territoire.

Pour cela, il faut absolument leur offrir (de 18 à 21 ans) le niveau de compétition que leur propose les centres de formation. C’est-à-dire une équipe réserve qui soit très prochainement en Nationale 2, puis en Nationale 1. C’est pour moi le deuxième étage de la fusée. Et cela ne me semble pas insurmontable.

4) Quelles seront d’après vous les clefs de réussite d’un tel projet collectif ?

SL : Les bases écrites du projet (gouvernance, choix de l’entraîneur, mise en place des contenus techniques, de la fréquence des entraînements et la durée du projet de 4 ans), mais aussi la bienveillance et les échanges entre les clubs sont les clés de la réussite du projet. Le travail est une des clés de la réussite, car sans travail, rien n’est possible.

Je crois aussi que tout ne sera pas simple, mais que l’intérêt général sera toujours la soudure qui résistera au temps futur.

JLD : J’adhère totalement au propos de Serge. J’ajouterais que je pense que les jeunes vont très rapidement s’approprier le projet. Ce qui nous fera entrer dans une autre dynamique. De telle sorte que personne ne se posera la question dans un an ou deux.

5) Qu’a-t-il manqué jusqu’à présent pour aboutir à une telle entente ?

SL : Au niveau sportif, toutes les grandes épopées sportives du sport collectif, hors une arrivée massive d’argent, sont basées sur une politique de la filière sportive des jeunes performante. C’est cette observation qui nous avait conduits à la répéter à Vénissieux en prenant comme référence l’AS Saint-Etienne. En effet, c’est l’équipe vainqueur de la Coupe Gambardella qui a été la base de la réussite stéphanoise dans les année 70. Plus tard, l’Olympique Lyonnais a suivi une politique de formation qui fait qu’encore à ce jour, l’OL figure parmi les tous meilleurs clubs européens. En résumé, il nous a manqué une véritable politique de performance  sportive basée sur les jeunes.

Au niveau financier, la Ville de Villeurbanne est un partenaire essentiel. Elle est accompagnée par la Métropole de Lyon, dont la vocation est de soutenir le centre de formation. Notre rapprochement avec le LHB fera que notre base de travail (600 à 650 licenciés) sera plus large et le concours de la Ville de Lyon nous aideront à franchir ce palier.

JLD : Il y a déjà eu des tentatives  d’entente dans le passé. Serge les a évoquées en début d’entretien.  Je pense également au “Grand Lyon Handball” porté par Jean-Pierre Dellasette. C’était un magnifique projet. Cela n’a pas marché parce que cela bousculait le train-train, trop novateur. Le contexte a changé et tout le monde a maintenant compris qu’un club seul ne pourrait y arriver. Donc, les choses évoluent, de nouveaux dirigeants, indifférents aux problèmes du passé, arrivent aux affaires. C’est une excellente chose. Et comme un symbole de ce renouvellement, nous trouvons à l’initiative de ce projet, deux gones, Guillaume et Semir, deux internationaux de retour au pays.

Pour terminer, et pour faire écho aux deux magnifiques épopées ayant pour source la formation (Saint-Etienne en foot et Vénissieux en handball) évoquées plus haut par Serge, je voudrais vous raconter une belle histoire. Celle  de six footballeurs de 17 ans, qui en 1992, ont gagné avec Manchester United la “Youth Cup”, l’équivalent de la Coupe  Gambardella française en football ou de notre Championnat de France de handball des U18. Et l’histoire ne s’est pas arrêtée là. Les six joueurs ont ensuite évolué avec la grande équipe de MU avec laquelle ils ont tout gagné : Coupe, Championnat, Coupe d’Europe. Et bien sûr, tous les six ont été internationaux anglais, totalisant ensemble des centaines de sélections. Il s’agit, excusez du peu, de : Ryan Giggs, Nicky Butt, David Beckham, Gary Neville, Phil Neville et Paul Scholes. J’ajoute et c’est le plus important que tous étaient originaires du coin, du comté du Grand Manchester, à l’exception de David Beckham originaire de Londres. 

Une belle histoire dont peuvent s’inspirer nos futurs U18 : “Vivre, Jouer et Gagner, au pays”.

Gachet Christelle

Gachet Christelle

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